Rock & Roll is good for you

Johnny Cash The Man Comes Around

le 29/01/2007 à 18h16
C'est l'histoire d'un homme qui traverse l'Histoire du rock depuis prés de 50 ans. A l'heure où d'autres s'enfoncent dans le troisième âge et la médiocrité, celui qui fut, aux côtés d'Elvis, l'une des têtes d'affiche du légendaire label Sun Records s'évertue à l'édification de son propre mythe.
The Man Comes Around, dans la foulée de la livraison précédente, reprend l'ancestrale et protestante recette maison au gré d'une playlist qui ratisse large.
Une guitare passablement sèche, ce baryton antédiluvien : Johnny Cash ressuscite sur l'autel du dépouillement les monuments hétéroclites de la 'pop Culture' (Trent Reznor, Depeche Mode et autres Simon & Garfunkel) en même temps que ses propres titres.
Même secondé par les sempiternels désaccordés de service (Fiona Apple, Nick Cave ; qui dit mieux ?), le man in black restera toujours fidèle à ce qu'il est : un vétéran du rock, presque héros malgré lui, éternel mercenaire à la solde de sa propre cause.
Tandis que certains s'amusent encore à une énième excavation du King de Memphis, le phoenix renaît une nouvelle fois de ses cendres.
C'est la seconde fois que j'assistais à un concert de 'l'Iguane', j'ai emmené mon père (cadeau d'anniversaire) qui malgré toutes ses références n'avait jamais vu Iggy sur scène, et je peux vous dire qu'il s'est éclaté...
Revenons au concert, qui malgré un son trop fort pour le Zénith (le lendemain, les oreilles bourdonnaient encore !!), la prestation était de grand niveau, égal à lui même, speed, dynamique, une vraie pile électrique.
Au milieu du set, il a invité sur scène une trentaine de personnes et le service de sécurité s'est fait débordé, le tout dans un esprit bon enfant. Une heure de concert, court mais intense, et puis il n'est plus tout jeune. A 60 ans passés, on ne lui en veut pas, au contraire vivement le prochain concert français...
Ce qui est dommage, c'est le fait de ne plus me rappeler la set list, bien sur il y a eu les inévitables : "I Wanna Be Your Dog", "Electric Chair"...
Quand je sors de ce genre de concert, voir de tels mecs, comme les Gilmours, Waters, Page, Plant... je me dis : 'je les ai vus' et pour Iggy pop c'était génial car quand il descend dans la fosse pour te passer à côtés et voir ce corps qui ressemble à un élastique : excellent !!!
Et que 'Vive l'Iguane'
Je l'ai vu...
Habitué au concert du groupe à Paris, je décide d'innover et d'aller à Caen, voir si la performance est de même qualité !! Accompagné de 8 personnes, tous dans le même esprit, mais arrivés 5 minutes avant le début du concert, nous n'avons pas pu apprécier la première partie.
D'emblée le groupe paraît en forme et le public, constitué pour la plupart de jeunes fans, est tout aussi dynamique. Malgré quelques interventions de Brian Molko et Stefan Olsdal ce fut un set enchaîné de 2 heures.
Pour conclure, c'est toujours un plaisir de les voir sur scène, à voir absolument ! Et ce même si on peut ressentir que les concerts de province peuvent représenter la répétition de ceux de Paris.
Que dire plus? Je ne me souviens plus de la setlist exact. Ce qui est sûr c'est que nous avons eu encore une nouvelle version de "36 Degrees" et "Bruise Pruistine" ; tout l'album Meds est passé en revu, également 5 chansons de chaque albums précédents.
C'est Materazzi qui passe en jugement après la coupe du monde.
Le président de la cour lui dit : "Monsieur Materazzi, j'ai deux nouvelles vous concernant, une bonne, une mauvaise.
La mauvaise nouvelle, c'est que suite aux insultes racistes que vous avez proférées à l'égard de Monsieur Zidane, vous êtes condamnés à mort et serez fusillés demain."
Materazzi répond : "Ah bon, et c'est quoi la bonne nouvelle ?"
Le président : "C'est Trézéguet qui tire."


Archive "Take my Head"

le 25/11/2006 à 10h27
Après le split du groupe dit provoqué par le succés de Londinium en 1997, rivière diamantaire réveillant la peau de chagrin de la vague trip hop ( détail de l'orfévrerie : Karl Hyde d'Underworld, sertissait quelques titres de parties de guitares ), Darius keeler et Danny G reforment Archive, signé sur Indepediente.
Le nouvel Archive sera pop ou ne sera pas et la référence de Do Not Remove Project est plus rock, soulignée par l'emploi d'un batteur à plein temps.
Entre tentations Garbage et ablutions Morcheeba, Archive cherche sa voie et compose autour du timbre clair et gracieux de Suzanne, sa nouvelle sirène. Sur les clauses d'un mariage du feu et de la glace, entre les vertus spectaculaires et 70's d'un King Crimson et le spleen mondain 90's d'un Portishead, prenant parfois la lumière du prisme spectorien, Archive modèle ses popsongs romanesque d'arrangements de cuivres et de cordes, s'abandonnant sans résistances aux effets secondaires d'une dance introvertie, tournant résolument le dos à la grisaille londonienne et gardant un oeil calculateur sur le marché américain.
Une petite vidéo réaliser avec des potaux !!!

On attend vos commentaires, cela insitera à en faire d'autres ou pas .....

Vue " Find Your Home "

le 31/10/2006 à 19h57
Dès "Hitchiking", on se dit que la voix du chanteur de Vue rappelle curieusement celle de Greg Prévost, le maître de cérémonies des Chesterfield Kings, elle-même décalquage revendiqué du Mick Jagger des 60's. Mais là où les Chesterfield Kings se contentaient d'un revival travaillé à la photocopieuse, Vue redistribue le jeu non sans avoir consciencieusement battu les cartes ! D'où un télescopage d'influences brillamment digérées, rock à l'ancienne, vaguement pop, discrètement rythm & blues. Où les guitares sont à la fois maousses et aériennes tandis que les titres se succèdent avec pour seul fil conducteur, la volonté d'afficher d'une sacrée sarabande électrique.
Il y a une belle dose de fraîcheur dans les chansons de Vue et cette façon ludique de faire du neuf de la guerre de l'art en général et la musique en particulier. A ce petit jeu, Vue parait bien mieux armé que beaucoup d'autres, ramenant à l'esprit Jonathan Fire Eater, cet espoir mort -né, mais sans le maniérisme parfois irritant des New-Yorkais, ça donne à Find Your Home l'enviable épaisseur d'un disque parfaitement réjouissant.
Bien vu !!
En fait de Bright Lights, c'est plutôt de lumière noire qu'il s'agit. Tout ce premier album baigne dans une atmosphère crépusculaire et brumeuse.
Interpol avance sans se retourner et aligne les riffs avec obstination qui rend ses chansons quasiment hypnotiques.
On a affaire à des New-Yorkais fortement tournés vers l'Angleterre du début des 80's. Le plus bel exemple en est probablement le titre "Say Hello To The Angels", visiblement influencé par des groupes comme The Cure ou les Smiths.
Dès l'intro de l'album, "Untitled" la couleur est donnée. Une basse très grave (dans tous les sens du terme), un son saturé, adouci par une légère reverb, et une rytmique doucement punk qui ne laisse pas trop de place aux temps morts. Ajoutez à cela la voix intense, torturée et extrêmement mélancolique du chanteur, élégamment mêlée à cet écheveau de guitares et vous comprendrez qu'on n'est pas là pour rigoler.
Mais Interpol a parfois freiné sa course pour se poser sur des chansons plus douces.
Ainsi, on est absorbé par "NYC" autant que par le reste de l'album, tout en respirant un peu. C'est l'un de ces titres les plus étalés, dans lesquels la voix se fait presque solennelle tant elle semble psalmodiée.
Excellente entrée en matière pour le groupe.
Attention, grand disque !
Relationship Of Command préfigure peut être de grands bouleversements dans le rock américain d'aujourdhui.
Premièrement, ce groupe texan (originaire d'El Paso), qui a déjà gagné ses galons de groupe-culte dans une scène indépendante post-hardcore américaine, a déjà à son actif une pléthore de singles, splits ou albums et une véritable expérience de la scène (également au travers de leur side-project dub De Facto).
Bref, si pour beaucoup, Relationship Of Command n'est rien d'autre que la première oeuvre de la nouvelle trouvaille de Ross Robinson (car c'est le célèbre producteur de Korn et de Slipknot qui est derrière toute l'affaire), il s'agit de revoir son jugement et de bien anticiper le retournement de situation que pourrait engendrer ce disque.
On le répète, ATDI n'est sont pas né de la dernière pluie.
Deuxièmement, Ross Robinson. comme je vous le disais, c'est à lui que l'on doit la production de ce disque. Géniteur du son néo-métal, l'homme du studio de Malibu rêvait depuis longtempsde produire The Cure, son groupe préféré. Indirectement, il réalise ici son rêve en donnant sa vision de la pop de l'an 2000 telle qu'elle est en train de prendre forme aux USA et assassine, un an après la sortie de slipknot, le son et l'identité bornés du genre auquel il a donné naissance.
De At The Drive-In, pas très loin d'une synthèse du groupe de Robert Smith, des Foo Fighters et de Fugazi, émerge la vision hallucinée de Ross Robinson, que l'on aura plus le droit d'accuser de se répéter. Car, à l'inverse de Glassjaw, ATDI n'est pas un groupe de néo-métal amoché. Pluôt une équipe véritablement aguerrie par 6 années dans le sous-business de l'emocore qui tache.
Le seul moyen de s'en convaincre est de se ruer sur le grand disque qu'est Relationship Of Command. Des titres comme "One Armed Scissor" ou "Rolodex Propaganda" se chargeront d'allumer la flamme qui pourrait bien mettre le feu aux deux écoles (de son et d'attitude) que réunit ce diable d'album.
On regrette le nouveau split où deux groupes géniaux se voient propulsés au plus haut: Mars Volta et Sparta dignes descendants d'ATDI, de par ses membres et du son...

jj 72 "jj72"

le 31/10/2006 à 19h49
A la sortie de ce premier album et en l'espace de quelques mois, ce trio de Dublin rivalise déjà presque avec Radiohead et les Manic Street Preachers (ils ont d'ailleurs plus qu'un manager en commun).
Mark Greaney, guitariste, chanteur et figure de proue adorablement vulnérable, croit encore que le rock peut changer le monde et refléter les désirs ardents et les aspirations des jeunes. C'est beau l'innocence des adolescents, mais le son à la fois barbelé et élégiaque de son groupe séduit d'entrée.
On pourrait d'ailleurs aligner JJ72 à côté des Smashing Pumpkins, de Nirvana, de Joy Division et de Jeff Buckley sans qu'ils souffrent du tout de la comparaison.
Greaney a de l'ambition et, même s'il retombe un peu trop souvent sur des métaphores météorologiques, il arrive à mentionner sans se couvrir de ridicule Albert Camus ("Algeria" est vraisemblablement la première composition inspirée par L'Etranger depuis "Killing An Arab" de The cure ). Sa voix de fausset fait quelquefois penser à Suede en moins strident mais des plages majestueuses et mélancoliques comme "October Swimmer", "Undercover Angel", "Willow", "Long Way South" et "Improv" véhiculent des images marquantes.
L'atmosphère harmonieuse de certains passages contraste avec les moments plus rageurs pour mieux envoûter l'auditeur.
Un premier album qui s'avère pratiquemment un coup de maître.

©2006 - Bloxode.com est un service gratuit de Lexode.com - Prévenir d'un abus - Conditions d'utilisation